La nuit nous appartient
C’est le slogan inscrit sur les uniformes de la police de New York : “We Own the Night”, la nuit nous appartient. Mais c’est aussi le titre du film de James Gay, actuellement au cinéma.
Ce film raconte l’histoire d’une famille polonaise de New-York, dont les hommes font carrière au sein de la police de père en fils. Mais l’aîné se rebelle contre l’ordre famillial et tient une boite de nuit, financée par un riche russe importateur de fourrures. Mais à la fin des années 1980, l’expansion de la drogue dans le milieu de la nuit va forcer Bobby Green à choisir entre sa famille et ses fréquentations.
Le scénario est relativement classique, mais l’interpretation, avec Joaquin Phoenix (Bobby), Mark Walhberg, Robert Duvall et Eva Mendes notamment, est excellente de justesse. Aucun acteur n’en rajoute et ils nous transportent vraiment dans l’univers sombre de la nuit new-yorkaise et du duel qui oppose mafia et police pour le contrôle de la ville, avec Joaquin Phoenix dans le rôle de celui qui doit choisir entre sa famille et une vie aux côtés de la mafia russe.
La réalisation de James Gray est sobre et originale. Souvent dans ce genre de films, on a beaucoup de rajouts : des effets spéciaux dévastateurs, des courses poursuites impressionnantes, des fusillades interminables. Rien de tout cela ici, ce qui rend le film très réaliste et on vit vraiment les scènes de chaque film. On sent la tension et la pression qui s’exerce sur les personnages pincipaux.
On retrouve dans ce film la parabole du bon et du mauvais fils, le gentil parrain dont la vie rangée lui permet d’accueillir Bobby comme son fils, la descente aux enfers d’un homme qui a un choix cornélien à faire entre sa famille et sa vie.
On peut seulement regretter la fin du film, un peu trop larmoyante et prévisible, mais le film reste un must du genre comme on en avait pas vu depuis longtemps !
Moralité ? Courrez au cinéma : il ne faut surtout pas louper “la nuit nous appartient”, le meilleur film du moment.
On notera que James Gray prend le temps de faire ses films pouisque c’est seulement son troisième depuis 1994. On voit qu’il attache beaucoup d’importance au scénario de ses films ainsi qu’à la réalisation, chose plutot rare à Hollywood, spécialiste de la réutilisation des filons qui fonctionnent. Rien que ça, c’est à saluer.
